Etre ou paraître?

Du besoin de posséder...

Un constat s’impose : nous nous définissons bien plus par ce que nous possédons que par ce que nous sommes.

Nul besoin de grande explication pour comprendre que dans une société de consommation, le besoin de posséder est poussé à son paroxysme.

Ce besoin devient compulsif, voire obsessionnel.

L’acte d’achat permet de se rassurer, d’évacuer une tension et parois même de satisfaire un besoin. L’acte d’achat est devenu une nécessité vitale car il faut posséder la même chose que tout le monde.

Certains se livrent même la course pour posséder la dernière nouveauté avant les autres. Les marques et surtout le marketing l’ont bien compris, si bien que certaines nouveautés sont précédées d’annonces plus ou moins confidentielles, confidentialité toute relative il faut bien le dire.

Cette annonce est suivie d’une mise en vente en avant première, de préférence à minuit, suivi d’une pénurie. Bref cette illusion d’antériorité est bien entendu fabriquée de toutes pièces mais elle permet de satisfaire ce besoin de pouvoir se distinguer de la masse et surtout de son voisin.

Ceci constitue un exemple de notre besoin presque pathologique de paraitre. D’autres exemples se trouvent dans tous les domaines de la vie actuelle. Sont concernés, entre autres, le domaine vestimentaire, la voiture, la maison, l’animal de compagnie, bref tous les signes visibles.

Un dernier aspect de notre besoin de paraître se trouve dans notre quête de statut social. Ce statut nous est le plus souvent donné par notre emploi et notre niveau dans l’entreprise qui nous emploie. Nous verrons par ailleurs que l’une de principales motivations au travail est le statut social.

... à la difficulté d'être soi-même

Maintenant que nous avons passé en revue ce que nous avons et ce que nous voulons paraître, que sommes nous ?

  • Etre, ce sont les convictions que nous défendons.
  • Etre c‘est s’épanouir dans nos aspirations.
  • Etre c’est assumer pleinement notre identité et pas seulement accepter celle des autres.

Malheureusement il est difficile d’être par les temps qui courent et pourtant nous vivons dans une société qui se prétend tolérante au regard du droit à la différence.

Exprimer une opinion personnelle vous expose à la critique et même au rejet. Les normes de pensée sont définies par les médias. Comment pourriez-vous être crédible en ayant une opinion différente ?

Etre heureux en période de crise relève presque de l’indécence.

Comment pourriez vous assumer votre identité alors que tout vous fait culpabiliser parce que l’identité de personnes que vous ne connaissez pas ne serait pas reconnue.

Voilà quelques raisons qui peuvent en partie expliquer pourquoi il est plus consensuel d’avoir et de paraître que d’être.

Les conséquences ne sont pas anodines.

Etre en quête d’identité, endosser des convictions impersonnelles, avoir des besoins normés, tout ceci rend plus que problématique l’épanouissement personnel ou la réalisation de soi même.

Deviens ce que tu es

cette petite phrase de Nietzche pend un sens tout particulier aujourd’hui.

Et si c’est ici que se trouvait la clé du bonheur ?

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